DIAGNOSTIC MULTICRITERE DES DEGRADATIONS PREMATUREES DES CHAUSSEES SOUPLES EN MILIEU URBAIN TROPICAL : INTERACTIONS ENTRE TRAFIC, EAU, PORTANCE ET QUALITE D’EXECUTION — CAS DU BOULEVARD LUMUMBA A KINSHASA, REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
DOI:
https://doi.org/10.5281/zenodo.22262570Keywords:
chaussée souple ; chaussée rigide ; dégradation prématurée ; trafic lourd ; drainage ; CBR ; enrobé bitumineux ; boulevard Lumumba ; Kinshasa ; réhabilitation ; chaussée hybride ; entretien routier.Abstract
Les dégradations prématurées des chaussées constituent un problème majeur pour la mobilité urbaine à Kinshasa, particulièrement dans les secteurs périphériques soumis à une forte croissance démographique, à une augmentation du trafic et à des contraintes hydrologiques importantes. Cette étude analyse les mécanismes responsables des dégradations observées sur trois intersections stratégiques du boulevard Lumumba dans le district de la Tshangu : l’entrée Abattoir, correspondant à la route Petro-Congo, l’entrée Mokali et l’entrée Mikondo, correspondant à la route Ndjoku.
La méthodologie repose sur une approche diagnostique combinant recherche documentaire, observation de terrain, analyse des dégradations, examen des caractéristiques structurelles des chaussées, données de portance du sol support, inspection des ouvrages d’assainissement et comptage du trafic. Les résultats montrent que les dégradations observées ne résultent pas d’un facteur unique, mais d’une interaction entre insuffisance locale des épaisseurs, portance du sol support, compactage, vieillissement et qualité de l’enrobé, dysfonctionnement du drainage et agressivité du trafic.
À l’entrée Abattoir, la surface dégradée atteint 61,46 m², contre 43,75 m² à Mokali et 15,60 m² à Ndjoku. Les niveaux de portance des plateformes sont respectivement de CBR = 11, 12 et 10, correspondant à la classe S3 de la classification CEBTP. Les trafics journaliers moyens sont respectivement de 10 664, 8 664 et 3 552 véhicules/jour. La proportion de poids lourds atteint 15 % à Mokali, révélant une sollicitation particulièrement importante.
L’analyse met en évidence le rôle transversal de l’eau, dont les effets sont amplifiés par l’obstruction ou le sous-dimensionnement des caniveaux. À Ndjoku, la différence altimétrique d’environ 39 cm entre la chaussée et les caniveaux empêche notamment une évacuation efficace des eaux superficielles.
Dans ce contexte, l’étude recommande une stratégie différenciée associant réhabilitation des chaussées souples, contrôle de la portance et du compactage, vérification des épaisseurs, amélioration de la qualité des matériaux, emploi éventuel de géotextiles pour le renforcement structurel, amélioration du drainage, entretien préventif fondé sur le suivi du trafic et de l’état des chaussées ainsi que le recours ciblé aux chaussées rigides en béton, désormais largement utilisées dans plusieurs projets récents de voirie à Kinshasa. L’étude propose également le concept de chaussée hybride, combinant enrobé sur les sections courantes et béton dans les zones particulièrement sollicitées, notamment les intersections, zones de freinage et secteurs soumis au trafic lourd.
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