LES SAVOIRS FÉMININS RELATIFS À L’ESPACEMENT DES NAISSANCES CHEZ LES SUKU : PRATIQUES, TABOUS, PHARMACOPÉE ET RÉGULATION SOCIALE

Authors

  • Didier KUTAKANI KISAMBI
  • MUTEMBE Fabrice
  • NZEBA LUBALA Florence
  • NTASI DIKASI Marthe
  • KUMAKAMBA TUBI Marcelin
  • BLOCK AGOLU
  • TUMBA MUKIANA Ruphine

DOI:

https://doi.org/10.5281/zenodo.23433779

Keywords:

espacement des naissances ; savoirs féminins ; Suku ; fécondité ; pharmacopée ; tabous sexuels ; régulation sociale ; santé reproductive.

Abstract

L’espacement des naissances dans les sociétés africaines ne peut être appréhendé uniquement à travers le recours aux méthodes contraceptives biomédicales. Il peut également s’inscrire dans des systèmes locaux de savoirs, de représentations et de normes sociales qui organisent les comportements reproductifs. Le présent article analyse les savoirs féminins relatifs à l’espacement des naissances chez les Suku du territoire de Feshi, dans la province du Kwilu, en République démocratique du Congo.
L’étude s’inscrit dans une approche qualitative et ethno-anthropologique. Elle repose sur des entretiens semi-directifs, des récits de vie et des observations participantes réalisés auprès de femmes Suku expérimentées et d’accoucheuses dans les secteurs de Lobo et de Ganaketi [à préciser selon les données définitives du terrain]. Les résultats mettent en évidence plusieurs pratiques de régulation de la fécondité rapportées par les enquêtées : l’éloignement temporaire du mari après l’accouchement, la présence de la belle-mère auprès de la jeune mère, certaines abstinences associées au cycle lunaire, le recours à la pharmacopée, l’observation du développement de l’enfant aîné et l’allaitement prolongé.
Ces pratiques ne constituent toutefois pas un ensemble homogène et ne peuvent être assimilées sans précaution aux méthodes contraceptives biomédicales. Elles relèvent à la fois de représentations culturelles, de normes sociales, de mécanismes d’abstinence et, dans certains cas, de pratiques dont l’efficacité ou l’innocuité nécessitent encore une validation scientifique. L’étude montre ainsi que l’espacement des naissances chez les Suku peut être compris comme une forme de régulation sociale de la fécondité, dans laquelle interviennent la femme, le mari, la belle-mère, l’enfant, la famille et les normes communautaires.
L’article plaide pour une meilleure prise en compte des savoirs locaux dans les politiques de santé reproductive, dans une perspective de dialogue avec la biomédecine et non de substitution aux méthodes contraceptives scientifiquement validées.

Published

2026-10-17

How to Cite

Didier KUTAKANI KISAMBI, MUTEMBE Fabrice, NZEBA LUBALA Florence, NTASI DIKASI Marthe, KUMAKAMBA TUBI Marcelin, BLOCK AGOLU, & TUMBA MUKIANA Ruphine. (2026). LES SAVOIRS FÉMININS RELATIFS À L’ESPACEMENT DES NAISSANCES CHEZ LES SUKU : PRATIQUES, TABOUS, PHARMACOPÉE ET RÉGULATION SOCIALE. Revue Internationale De La Recherche Scientifique (Revue-IRS), 4(5), 9573–9585. https://doi.org/10.5281/zenodo.23433779