Connaissances, perceptions et conformité de la prophylaxie post-exposition antirabique chez les professionnels de santé dans la Zone de Santé de Binza Météo à Kinshasa – RD Congo. Une enquête évaluative et opérationnelle
DOI:
https://doi.org/10.5281/zenodo.18093627Keywords:
Rage, Prophylaxie post-exposition, CAP, One Health et Kinshasa.Abstract
La rage demeure une zoonose presque toujours mortelle après l’apparition des symptômes, pourtant entièrement évitable. À Kinshasa, les interfaces homme–chien, les ruptures d’intrants (vaccins / sérum) et l’hétérogénéité des pratiques cliniques entretiennent le risque. Cette étude décrit les connaissances, perceptions et pratiques (CAP) relatives à la prophylaxie post-exposition (PPE) chez les professionnels de santé de la zone de santé de Binza Météo et identifie les facteurs associés aux issues défavorables.
Une enquête transversale de type KAP a été menée auprès de 318 agents (médecins, infirmiers, pharmaciens) recrutés par échantillonnage stratifié à deux degrés dans 32 structures (HGR, hôpitaux/cliniques publics/privés, centres de santé). Outil standardisé (Google Forms) couvrant la socio démographie, les connaissances, les perceptions, les pratiques et l’organisation. Un score a été attribué dont le seuil démontrait un niveau faible ou négatif selon les paramètres. Les analyses descriptives et régressions logistiques rapportant OR et IC95 % ont été effectuées.
Parmi les 32 structures, 9,4 % affichaient un protocole PPE ; 6,2 % déclaraient une disponibilité continue vaccin / sérum ; la notification interne était universelle (100 %) et un point focal vétérinaire était identifié dans 6,2 %. Sur 318 répondants, 54,1 % avaient un score de connaissances ≥ 50 % et 79,6 % des perceptions positives. Parmi 254 répondants évaluables pour la pratique, 8,7 % présentaient une PPE conforme (>80 %). Les perceptions négatives concernaient 20,4 % (65/318). Des associations significatives ont été observées : la faible connaissance plus probable chez les infirmiers (OR = 1,9) et pharmaciens (OR = 4,4) versus les médecins ; moins probable chez les hommes (OR = 0,3) et chez les ≥ 50 ans (tendance). La formation spécifique sur la rage / PPE était protectrice (OR = 0,1). Pour les perceptions, il y a eu chez les 40–49 ans (OR = 5,1), les infirmiers (OR = 6,7) et les pharmaciens (OR = 2,5), et dans les centres de santé (OR = 3,6) ; effet protecteur de l’ancienneté >10 ans (OR = 0,2) et de la formation (OR = 0,3).
Le déficit d’affichage des protocoles, les ruptures d’intrants et la faible conformité PPE au point de soins illustrent des marges d’amélioration concrètes (standardisation, approvisionnement, rafraîchissement des compétences, interface One Health). Les associations observées orientent des cibles prioritaires (profils et niveaux de structure).
À Binza Météo, la conformité PPE demeure faible malgré des perceptions globalement positives. Des interventions à faible coût, les algorithmes affichés, la sécurisation des flux vaccin/sérum, la formation ciblée, les points focaux vétérinaires, sont indiquées. Les résultats ne sont pas extrapolables à l’ensemble de Kinshasa.
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