Les produits forestiers non ligneux comme leviers de développement durable et de résilience socio-écologique : cas du secteur Mateko/Idiofa, province du Kwilu/RD Congo
DOI:
https://doi.org/10.5281/zenodo.18938755Keywords:
Produits Forestiers Non Ligneux, Systèmes Socio-Écologiques (SES), Modèle DPSIR, Gouvernance participative, Sécurité alimentaire et Mateko.Abstract
Les produits forestiers non ligneux (PFNL) sont souvent marginalisés dans les politiques de développement rural, bien qu’ils constituent des piliers socio-écologiques critiques en contexte post-conflit. En République Démocratique du Congo (RDC), une région marquée par la faiblesse institutionnelle et la dépendance aux ressources naturelles, leur rôle reste mal documenté de manière intégrée. Cette étude comble ce vide en proposant une évaluation systémique de la durabilité des PFNL dans le secteur Mateko (Kwilu), fondée sur une méthodologie mixte rigoureuse combinant enquêtes socio-économiques (n = 150 ménages), inventaires floristiques (10 parcelles permanentes : 5 exploitées / 5 témoins), analyse des chaînes de valeur et entretiens avec les détenteurs de savoirs traditionnels (n = 20).
Les résultats révèlent une double tension : (i) les PFNL contribuent en moyenne à 35,1 % des revenus annuels des ménages (200 USD sur 570 USD), avec des pics à 58 % en saison sèche, générés presque exclusivement par neuf espèces clés (ex. : Imbrasia oyemensis : 40 USD/ménage/an) ; (ii) 35 % de ces espèces sont en surexploitation, notamment les chenilles et champignons, dont le prélèvement dépasse de 50 % leur taux de recrutement naturel. Par ailleurs, les producteurs captent seulement 20–30 % de la valeur ajoutée, le reste étant accaparé par des intermédiaires informels.
Ces dynamiques démontrent que la durabilité des PFNL ne repose ni sur la pression extractive en soi, ni sur la « tradition » seule, mais sur l’interdépendance systémique entre régénération écologique, équité économique et gouvernance sociale inclusive. À partir de ces données, nous proposons un cadre d’intervention calibré et différencié : (i) quotas scientifiques fondés sur le recrutement (ex. : 120 chenilles/ménage/an), (ii) micro-unités de transformation pour accroître la valeur captée localement, et (iii) reconnaissance juridique des Comités Villageois de Gestion des PFNL (CVG-PFNL). Ce modèle, ancré dans la réalité post-conflit congolaise, offre une voie transférable pour concilier objectifs de développement durable (ODD 1, 2, 15) en Afrique centrale.
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